LA LOI DU MOUTON

 

Billet d’Hubert Van Cappel, membre du conseil d’administration de Vouloir la République

 

 

Je sors à peine du confinement, comme on sort du coton. Il reste encore des fibres accrochées au rocher telle une moule Quiès et c’est dans cet état second que j’écoute la quatrième intervention du président. Oui je suis resté chez moi et oui j’ai servi la Nation… Bravo toi, bravo moi !!!

 

Et là… par association d’idées, je me vois laineux parmi les moutons. Ce que nous avons fait c’est obéir ET parce que nous avons obéi nous sommes fantastiques, donc le président nous gratifie de compliments et de satisfécits…

 

… STOP… en démocratie, obéir serait une valeur cardinale ?

 

Évidemment, le confinement s’imposait. C’était un enjeu vital pour soulager les hôpitaux et ceux qui nous soignent et ralentir la propagation du virus. Mais j’ai l’optimisme de croire que nous l’avons fait par raison et non par obéissance. L’obéissance est la paresse de la raison, le vers de l’éducation, la mort de la citoyenneté.

 

Avant de continuer, je voudrais relater une petite expérience…  

 

On a installé dans un plat creux une vingtaine de puces. Elles sautent en hauteur (300 fois leur taille, c’est leur nature de championnes) bien au-delà de la hauteur du rebord de celui-ci. On pose alors un plateau de verre sur le plat. Les puces se cognent dessus et, très vite, la douleur les amène à réduire leurs sauts en dessous de ce plafond de verre, et ce de façon unanime et simultanée. On enlève le plateau. Les puces maintiennent leurs sauts en dessous du rebord, comme si l’obstacle invisible s’y trouvait toujours, et ce de façon durable.

 

Si je dis à mes enfants qu’obéir c’est toujours bien… je ne suis pas un parent, je suis un dresseur de puces.

 

Si je dis à l’agriculteur de prendre mes semences et d’utiliser mon engrais… je suis un destructeur de diversités et un semeur d’aridité.

 

Si je dis au policier de contrôler statistiquement et immobiliser sans recourir à son instinct… je suis un diviseur social et un pourvoyeur des haines et des extrêmes.

 

Si je dis à mes concitoyens qu’obéir c’est bien et qu’il y a des circonstances où la contestation, l’opposition et la désobéissance n’ont pas leur place, je ne suis plus en démocratie, je suis en « Moutonnie ».

 

Et pourtant ce discours du 14 juin est l’expression transparente du régalement régalien face à ces citoyens enfin au pas ; ceux-là même qui, avec un simple gilet, l’avaient fait trembler.

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Comments (1)

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