Atelier économie du 11 juin 2020 avec Romain Rancière sur le thème :

"En finir avec la dette ?"

Lors de cet atelier, Romain Rancière aborde la question du rôle des banques centrales, des dettes étatiques et de la monnaie. Il présente des perspectives innovantes pour dépasser le cadre de pensée qui conduit les politiques économiques actuelles. Ci-dessous quelques-unes de ces idées :

 

• Aujourd’hui, la mesure de la dette se fait en ratio sur le PIB. Les États s’endettent pour financer une croissance économique future, donc une augmentation du PIB dans l’avenir. Un endettement pour financer la transition écologique pourrait être, suivant la même logique, exprimé par rapport à l’ensemble des bénéfices prévus par cette transition écologique.

 

• Le Chicago Plan est revenu sur le devant de la scène au cours des dernières années. Il consiste à retirer aux banques privées leur pouvoir de création monétaire pour le rendre aux banques centrales uniquement. Les banques redeviennent ainsi des « coffres forts » et c’est l’utilisateur qui décide lui-même du type d’investissements réalisés par sa banque avec l’argent qu’il y dépose.

 

• Les bons du trésor peuvent devenir la monnaie. Cela permettrait aux épargnants de décider quels segments de l’économie financeraient leur argent déposée. De plus, cela permettrait d’émettre de la monnaie hélicoptère, de donner directement de l’argent aux citoyens de façon agile et rapide en émettant simplement plus de bons du trésor.

 

• La dette elle-même peut devenir une forme de monnaie. Si les chinois n’achètent plus de bons du trésor américain et que les américains achètent les bons émis par leur banque centrale uniquement, cela crée une nouvelle demande de dette public et desserre les contraintes en termes d’investissements financés tout en accroissant la souveraineté nationale. Dans ce cas, les citoyens disposeraient d’un compte personnel auprès du trésor et pourraient payer leurs dépenses courantes en utilisant des fractions de ces bons.

 

• On peut imaginer aussi que les États choisissent d’émettre de la dette dont l’indexation se fait sur certains paramètres tels que les émissions carbones. Il s’agirait d’engager les citoyens au travers d’une innovation financière. L’État ferait un grand emprunt qui serait remboursé en fonction des résultats écologiques.

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